Identité savoyarde et élections européennes du 7 juin 2009
Par MRS le mardi 28 avril 2009, 18:59 - Lien permanent
Communiqué du Comité Europe Ecologie -Région Savoie
Une partie importante de l'opinion publique conserve une conscience identitaire savoyarde de fond, habituellement dormante, mais qui se réveille de temps à autre sous la pression de l'actualité. A un an du 150 ème anniversaire de l'annexion de la Savoie, on assiste actuellement à une telle résurgence , amplifiée par l'inquiétude sur l'avenir qui a été causée par le projet de réforme territoriale et la question « La Savoie va-t'elle disparaître? ».
La campagne pour les élections européennes du 7 juin, bien qu'elle ne soulève pas, jusqu'à présent du moins, beaucoup d'intérêt, pourrait être révélatrice des tensions sous-jacentes. La publication le 27 avril du résultat de la consultation réalisée par le premier quotidien régional auprès de ses lecteurs, apporte la preuve d'un malaise profond: 40% pour l'indépendance de la Savoie, 29% pour une région Savoie, 14% pour le rattachement à la Suisse et seulement 15% pour ne rien changer à la situation actuelle. Celle-ci ne satisfait donc pas près de 85% des votants!
Au delà des options choisies, qui reflètent sans doute davantage un sentiment qu'un choix politique pleinement conscient de ses conséquences, on doit retenir de cette consultation qu'elle exprime une réelle volonté de changement. Mais, quelles sont les propositions que font les forces politiques en présence? A part une belle unanimité de façade sur la candidature d'Annecy aux jeux olympiques de 2018, la quasi totalité de nos élus n'ont manifesté que leur absence de projet sur l'avenir de la Savoie. Leurs réunions consacrées à la réforme territoriale se sont terminées piteusement par un constat qui pourrait se résumer par « Attendons de savoir à quelle sauce nous allons être mangés » ce qui n'est pas du tout une proposition satisfaisante pour l'avenir!
Que peut-on attendre, en fait, du projet de réforme territoriale dite « Balladur », du nom de son initiateur désigné par le Président de la République? Ce qui se dessine, c'est affaiblissement des départements au profit des communautés territoriales d'agglomération et de communes. La réunion probable du 73 et du 74 en un seul département n'arrangerait rien car, comme tous les autres départements, il serait alors privé de ses « compétences spécifiques », dont celle, par exemple, de gérer son économie touristique, au profit de la région Rhône-Alpes. Ce dont, à juste titre, les Savoyards ne veulent pas entendre parler!
Plutôt qu'un seul département « Savoie » noyé dans la région Rhône-Alpes resurgit la solution d'une région Savoie, qui a déjà failli être adoptée lors de la création des régions, il y a près de trente ans. Cette région Savoie possède encore de nombreux partisans, comme l'a montré la consultation du 27 avril. Elle en aurait encore bien davantage si pouvait cesser cette mauvaise querelle entre les « régionalistes » et les « indépendantistes ». Il suffit pourtant d'être réaliste: la création d'une région permettrait seule à la Savoie de conserver son identité, avec ce qu'elle a de spécifique au plan local, culturel, linguistique et historique, tout en restant partenaire de Rhône-Alpes par l'article 72 de la Constitution. Reconnue, dés lors, par la Communauté Européenne, la région Savoie disposerait alors d'une certaine autonomie qui pourrait évoluer, avec le temps et si les Savoyards le souhaitent, vers une autonomie quasi-totale, comme celles, par exemple de la Vallée d'Aoste, de la Catalogne-sud ou du Pays basque.
Comment donner à ce projet une force politique suffisante pour qu'il ait des chances d'aboutir? Les mouvements identitaires savoyards, même s'ils étaient solidaires, resteraient insuffisants pour promouvoir la région Savoie. Alors, que faire? Il y peut-être une solution, même si elle suppose une rupture avec l'esprit conservateur trop répandu en Savoie.
Un parti politique d'importance nationale a pris récemment, et c'est le seul, l'engagement de soutenir la création d'une région Savoie. C'est un engagement écrit, dans une lettre au Premier ministre envoyée le 14 janvier 2009: « Nous proposons (...) de prendre en compte les spécificités locales, culturelles, linguistiques et historiques. Dans cette perspective, la taille des régions ne doit pas nécessairement être uniforme, ni une région fonctionner suivant les mêmes modalités qu'une autre. Il nous semble logique de demander l'approbation de la population par le biais de référendums locaux organisés. (...) De nouvelles régions à statut spécifique, une région Savoie, une région basque, une région Catalogne-nord pourraient également voir le jour. »
Ce parti, c'est Les Verts, qui vient de se rénover et de se renforcer en entrant dans le rassemblement Europe Écologie, à l'occasion des élections européennes du 7 juin. Pour Europe Écologie, le moment est venu pour distribuer de nouvelles cartes qui permettront de sortir de la crise, qui n'est pas seulement financière, économique et écologique. Europe Ecologie diffuse son Manifeste et son Contrat Écologiste pour l'Europe (voir sur www.europeecologie.fr) pendant la campagne électorale menée par Michèle Rivasi, tête de liste pour la région sud-est, dont nos départements 73 et 74 font partie.
Michèle Rivasi et les candidats de la liste Europe Écologie doivent promouvoir le projet d'une région Savoie afin de répondre aux 85% de savoyards qui ne se satisfont pas du statu quo. Le soutien d'Europe Écologie à un projet de référendum sur l'avenir de la Savoie, organisé localement après les élections européennes, permettrait d'escompter la confirmation des résultats de la consultation du 27 avril.
Pierre Ottin


