Réunion du Conseil régional Rhône-Alpes consacrée aux langues régionales
Par MRS le lundi 20 juillet 2009, 11:40 - Arpitan - Lien permanent
« Reconnaître, valoriser, promouvoir
l'occitan et le francoprovençal, langues régionales de Rhône-Alpes » était
le titre du rapport soumis à l'examen en séance plénière le 9 juillet 2009.
Celle-ci commence par le rappel d'une modification récente de la Constitution
qui reconnaît maintenant que les langues régionales font partie du patrimoine
commun de la nation (Art. 75-1). La diversité linguistique est un élément de la
biodiversité; de nombreuses langues sont menacées comme de nombreuses espèces.
Sur le territoire de Rhône-Alpes, l'occitan est parlé dans la Drôme et
l'Ardèche, au sud de l'Isère (Trièves) et sur une petite partie de la Loire, et
l'arpitan ou francoprovençal sur tout le reste de la Région. Le rapport invite
à adhérer à l'ARF (Association des Régions de France) et à sa plateforme qui
encourage au pluri-linguisme.
Les rapporteurs des Groupes interviennent ensuite pour donner leur position. l'UMP ne souhaite pas participer au débat qui est jugé inopportun en période de crise. Le Centre, non plus. Le PRG soutient la démarche culturelle mais émet des réserves sur l'adhésion à l'ARF car il refuse le bilinguisme qui est préconisé dans les services publics. Le Modem s'oppose au rapport (qu'il votera après amendement). Le FN apprécie la « démarche patrimoniale » mais estime qu'il vaudrait mieux encourager l'étude du latin et défendre le français menacé par l'anglais (il votera contre). Le PGA (Parti de gauche et apparentés) est favorable au rapport sous-réserve d'un amendement (rejeté par la suite). Les Verts dénoncent la loi Fillon qui défavorise l'enseignement des langues régionales, qu'il faut respecter dans un esprit de tolérance, ainsi que les langues issues de l'immigration (vote favorable). Pour le PC les langues sont un héritage, facteur d'intégration (vote favorable). Le PSEA (Pari socialiste et apparentés) salue le travail des militants linguistiques, dont Marc Bron (présent dans la salle), et estime que l'occitan et l'arpitan sont un élément fort de l'identité régionale (vote favorable). En conclusion du débat, l'Exécutif régional souligne que les langues riveraines du Rhône font l'identité de Rhône-Alpes et donnent du sens à cette entité administrative qui en était dépourvue. Il propose un amendement renonçant au bilinguisme pour les sevices publics, prévu dans la plate-forme de l'ARF. L'amendement est adopté. Pour: Modem, PC, PSEA, PRG, les Verts; Contre: FN, PGA, Centre. L'UMP ne prend pas part au vote. La délibération amendée est adoptée et le Président J.-J. Queyranne vient saluer les militants et chercheurs occitans et arpitans à la tribune des visiteurs.
Vu du MRS La reconnaissance de l'occitan et du francoprovençal comme langues régionales de Rhône-Alpes marque une étape importante mais il y en aura d'autres. L'officialisation de leur enseignement reste un enjeu majeur pour la pérennisation de l'arpitan et de l'occitan.
Lyon Charbonnières, le 9 juillet 2009




Commentaires
"En conclusion du débat, l'Exécutif régional souligne que les langues riveraines du Rhône font l'identité de Rhône-Alpes et donnent du sens à cette entité administrative qui en était dépourvue."
est-ce bon pour la région savoie de voir qu'on donne aujourd'hui du sens au machin rhônalpin qui n'en avait aucun ? tout cela à la veille de la réforme des collectivités locales.
ne pensez-vous pas que la langue savoyarde, francoprovençale ou arpitane, en devenant en quelque sorte une langue rhônalpine, va surtout devenir pour queyranne et les opposants au démembrement de rhône-alpes un argument qu'ils sortiront à la première occasion, notamment aux régionalistes savoyards qui se réjouissent de ce vote.
qu'en disent ceux qui étaient présents pour serrer la main à queyranne.
Personnellement j'étais présent lors de cette délibération et je n'ai pas serré la main de Queyranne, je suis descendu pour discuter avec des conseillers et je suis allé manger avec eux. Et je ne dois pas être le seul.
L'occitan et l'arpitan langues de Rhône-Alpes? Mais ils sont tous deux parlés bien au-delà.
C'est peut-être un fantasme socialiste, qui ne vaut que ce que vaut le PS actuellement. Car comme argument c'est plutôt léger...
c'est peut-être un fantasme socialiste (à chacun ses fantasmes!), mais c'est quand même la position de l'exécutif régional qui estime donc aujourd'hui que la langue savoyarde donne du sens à rhône-alpes.
On peut aussi estimer que la langue savoyarde donne du sens à la Savoie. Mais c'est sous le nom de francoprovençal/arpitan qu'elle a été citée. Je ne m'en fais pas trop, car les "Rhônalpins" tomberaient dans le ridicule à vouloir réclamer la Savoie sur des bases linguistiques...
Les deux langues régionales de Rhône-Alpes sont parlées ailleurs, tandis, par exemple, qu'en Bretagne, breton et gallo correspondent de manière assez précise au territoire régional.
L'essentiel pour l'instant est d'obtenir une certaine reconnaissance de nos langues, de pouvoir mieux les faire vivre. On est bien obligé de tenir compte des découpages administratifs en vigueur, aussi peu pertinents soient-ils. Enfin je ne suis malheureusement pas sûr que l'Assemblée des Pays de Savoie soit aussi sensible aux langues régionales ou minoritaires.
coment Fungo ol at det, la pachi l'ére sus lo Francoprovençal pas sus la lengva Savoyarda solêta; de penso qu'o y est una bona chôsa; ora, a nosautros de vèlyar a son bon usajo...
Je suis assez d'accord avec le premier com de "la voue" les rhone alpins cherchent à donner du sens à une région qui n'en a pas. De toute façon l'arpitanie correspond à un espace linguistique, voire culturel (et encore) mais ne correspond pas à une construction historique ou politique, du coup il n'y aura jamais d'identité commune en zone arpitane comme c'est également le cas dans l'espace occitan, alors tout ces bobets du sud qui se réclamment de "l'occitanie" ça me fait bien marré et voilà que maintenant rhone alpes cherche à faire pareil avec "l'arpitanie". Une identité commune ne se fondera jamais sur une langue commune !!! c'est du jacobinisme pur et simple. Autrefois on disait à l'école de la IIIe republique qu'on était tous français car on parlait tous francais, maintenant on nous dit: "on est tous rhone-alpins car on a tous une langue commune"
Tu te trompes petit ours, le concept de l'Arpitanie ce n'est pas d'étendre Rhône-Alpes jusqu'au Piémont, au Valais et à la Franche-Comté! Ce serait plutôt similaire à la Francophonie, une union des pays de langue arpitane, tout simplement...
bin moi ça me plait pas cette union des pays de langue arpitane. Je pense que les savoyards n'ont rien a voir avec les lyonnais ou les dauphinois (arpitan en Isere je crois). les unions reposent rarement sur des zones ou il y a des racines linguistiques communes mais résultent de la volonté politique, et moi en tant que savoyard, j'ai pas envie de construire d'union avec les grenoblois ou les lyonnais. La coopération économique et commerciale suffit largement avec eux.
petit ours, est-ce que la Francophonie te pose un problème dans la vie de tous les jours? Est-ce que cela a des conséquences sur nous? Non. Ce n'est pas parce que tu parles français que tu es Belge, Québécois ou Congolais. L'Arpitanie c'est pareil, c'est seulement un instrument pratique pour maintenir un dialogue entre les différentes régions de langue arpitane. Les échanges entre groupes arpitanophones savoyards, valdôtains, foréziens, se font depuis plusieurs années: chacun reste indépendant, mais la pression pour sauver la langue est beaucoup plus forte! C'est ça l'intérêt.
Cette comparaison avec la francophonie me semble assez pertinente. On pourra même faire mieux dans le sens du respect de chacun, car si la francophonie est malheureusement plus ou moins pilotée par la France, qui pourrait se prévaloir de piloter l'Arpitanie?
En tout cas, rendez-vous à la fête de Bourg Saint-Maurice, les 12 et 13 septembre prochains.
la comparaison avec la francophonie est en effet assez pertinente, mais il y a peut-être quand même une différence importante. l'arpitanie repose, ou du moins semble reposer, sur quelque chose de beaucoup plus politique. joseph henriet, qui a crée le concept, prônait une libération nationale et sociale de tendance maoïste. cette tendance à politiser l'arpitanie, très à gauche, peut aussi se retrouver sur le forum arpitan.
on n'a rien de tout cela derrière la francophonie, non ?
bien que sympathisant, on ne peut pas dire que je suis partie prenante de la mouvance arpitane ou patoisante. je ne peux donc pas vraiment répondre à cette question, mais merci à ceux qui savent de le faire : cet arrière plan politique n'est-il pas un frein pour rassembler sur une base linguistique ?
je remarque au passage que la fête de bourg-saint maurice n'est pas celle de l'arpitan mais du patois françoprovençal.
Niveau politique, ça date un peu et beaucoup ont oublié pour ne retenir que le mot "arpitan", très pratique et qui évite la confusion avec l'autre langue romane qu'est le provençal. Je précise quand même que lorsque qu'Henriet parlait de libération de l'Arpitanie, il entendait la "Haute Arpitanie", c'est-à-dire seulement le Val d'Aoste, les vallées arpitanes du Piémont, la Savoie et le Valais. Ce concept "national" d'Arpitanie est donc très boiteux. Aujourd'hui dans l'Ouest, en Forez en particulier, on utilise beaucoup le mot arpitan, sans pour autant vouloir s'unir à la Savoie ou participer à la lutte de classes: on n'a plus d'arrière-pensées politiques. Je crois que ceux qui en ont à ce sujet sont des cas isolés.
Cette reconnaissance n'est que partielle. On pourra parler de reconnaissance totale si et seulement si l'arpitan devient une langue enseignée et reconnue au niveau nationale (un examen certifié à la clef!). Bref, selon moi c'est une étape mais certainement pas un aboutissement. La suite est bien entendu de faire pression pour la création d'une région Savoie dont la cohérence culturelle, géographique et économique effraie semble t-il une grande majorité d' élus politiques du pays (UMP, PS, etc..). Pourquoi avoir autant de difficultés à reconnaître les spécificités et les richesses des territoires qui forment la France? Les enjeux financiers et les privilèges cachés doivent être d'une telle ampleur qu'à la moindre évocation d'une région Savoie cohérente, les huîtres politiques se recroquevillent vite dans leur coquille. J'ai hâte de voir sortir les perles!!
en interview, jean-jack queyranne évoque bien la reconnaissance des langues régionales comme premier argument attestant de la place privilégiée que peut avoir la savoie dans rhône-alpes, région au sein de laquelle elle devrait donc selon lui rester.
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