À l'approche du Sommet de Copenhague: ni nucléaire ni effet de serre!
Par MRS le jeudi 17 septembre 2009, 12:59 - Ecologie - Lien permanent
Dans moins de trois mois, en décembre 2009, aura lieu à Copenhague, un
sommet des dirigeants du monde entier pour trouver des solutions au problème du
réchauffement climatique...
Ce rendez-vous de Copenhague est déterminant. Il doit donner suite au protocole de Kyoto qui prend fin cette année et auquel il faut impérativement, et bien plus énergiquement encore, donner une suite. Est-ce trop dire que l'avenir de l'humanité repose pour beaucoup sur l'accord qui résultera de Copenhague ? Non. Pour plusieurs raisons.
Le réchauffement s'accélère Hausse de la température moyenne, fonte des glaciers et de la banquise, élévation du niveau des mers, multiplication des tempêtes, sècheresses et inondations, exodes de réfugiés climatiques, apparition de nouvelles maladies, disparition d'espèces comme l'ours blanc... les conséquences du changement font déjà partie de notre quotidien. Avant que les choses ne s'aggravent, pour éviter que ne s'accélère encore ce réchauffement climatique, il faut agir, vite, et de manière radicale. Selon la communauté scientifique internationale, la hausse de la température moyenne du globe doit être maintenue en-dessous de 2° pour éviter les effets les plus catastrophiques du changement climatique. Ce qui veut dire qu'il faut réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre d'au moins 80% d'ici à 2050 par rapport à 1990. Quant aux pays industrialisés, premiers émetteurs de gaz à effet de serre, ils devront avoir déjà réduit leurs émissions de 40% dès 2020 ! C'est pourquoi Copenhague est déterminant. Un accord doit être trouvé qui engage tous les pays à plus d'effort et de bon sens. Ne nous leurrons pas cependant, un tel sommet ne laisse rien au hasard. Il est préparé de longues dates, voilà des mois que les Etats-majors planchent sur le sujet et négocient en sous-main. Aussi, seule la mobilisation des populations mondiales à l'appui des associations et de scientifiques de toute la planète, permettra de peser sur les décisions.
Le nucléaire : un remède pire que le mal Au sommet de Copenhague, le nucléaire sera au cœur des tractations. De concert avec certains Etats, l'industrie nucléaire fait pression pour que cette technologie dangereuse et polluante soit considérée comme « propre » ! 75% des émissions mondiales de gaz à effet de serre proviennent de secteurs sans aucun lien avec la production d'électricité, ou presque : agriculture, exploitation forestière, procédés industriels, transport, chauffage etc. Le nucléaire est donc hors sujet. Pourtant les lobbies de cette industrie potentiellement dévastatrice s'activent depuis des années, et jusqu'au plus haut niveau des Etats, comme en France, pour l'imposer. Tous leurs efforts sont désormais concentrés sur Copenhague... L'Agence Internationale de L'Energie annonce elle-même que le nucléaire ne réduirait les émissions de CO2 que de 6% (sur les 25% restants) avec un coût exorbitant de 1000 milliards d'euros, alors que les économies d'énergie contribueraient à réduire ces émissions de 54% et le développement des énergies renouvelables de 21%, à un coût très inférieur. De plus, il faut une dizaine d'années pour construire un seul réacteur nucléaire... c'est dire que le soi-disant « remède » ne s'appliquerait pas avant 2020... trop tard donc ! Le nucléaire émet des quantités non négligeables de gaz à effet de serre, liées au cycle de vie des réacteurs (construction, démantèlement...) et de leur combustible (extraction, transport, traitement...), mais surtout, il ne permet pas de récupérer la chaleur dégagée lors de la production d'électricité, contrairement à d'autres technologies. Il impose donc de produire de l'énergie supplémentaire pour nos besoins en chaleur, alors que produire électricité et chaleur en co-génération permet d'émettre 7 fois moins de gaz à effet de serre qu'un système énergétique nucléarisé !
Le nucléaire c'est cher, inefficace, dangereux Pour un euro investi, l'efficacité énergétique et certaines énergies renouvelables sont jusqu'à 11 fois plus performantes que le nucléaire pour réduire les gaz à effet de serre ! L'énergie nucléaire est un véritable gouffre financier qui de plus entrave le développement rapide et massif des vraies solutions contre le changement climatique. Les 2/3 de budgets européens de recherche sur l'énergie sont mobilisés sur le nucléaire. Sans parler des coûts du démantèlement des installations et de la gestion des déchets radioactifs qui se chiffrent en centaines de milliards d'euros.
Plus il fait chaud, moins les réacteurs nucléaires sont opérationnels : 1/4 du parc nucléaire français a dû être arrêté en 2003 à cause de la canicule. Les tempêtes, les inondations, dont la fréquence augmente, accroissent également les risques d'accidents. En 1999, la centrale de Blayais en Gironde a frôlé la catastrophe en raison d'une inondation et la ville de Bordeaux a failli être évacuée !
Sans parler des accidents majeurs, ni même du problème des déchets nucléaires dont on ne sait que faire, en fonctionnement normal, la filière nucléaire pollue les eaux et les sols, notamment lors de l'extraction minière d'uranium. Elle rejette en permanence de la radioactivité dans l'environnement. Une étude scientifique allemande a mis en évidence un surcroît de 117% des leucémies infantiles jusqu'à 5 km de certaines centrales.
Les vraies solutions existent De nombreuses études ont démontré que les alternatives énergétiques déjà disponibles permettraient à la fois de lutter efficacement contre le changement climatique et de se passer totalement de l'électricité nucléaire qui ne représente que 2,4% de l'énergie consommée dans le monde ! En moins de 10 ans, l'Allemagne a créé près de 300.000 emplois dans les énergies renouvelables. En France, malgré un faible soutien politique et financier, 51.000 emplois ont été créé dans ces filières au cours de la seule année 2007 ! À investissement égal, les économies d'énergies et les énergies renouvelables créent 15 fois plus d'emplois que le nucléaire. De nombreuses mesures pertinentes peuvent être ainsi mises en œuvre : efficacité énergétique, économies d'énergie, développement des énergies renouvelables..., mais aussi dans les autres secteurs : lutte contre la déforestation, transition vers une agriculture durable, relocalisation des activités économiques... sans oublier la réduction des émissions de méthane, un gaz qui réchauffe 49 fois plus que le CO2. Sa récupération dans les décharges françaises permettrait d'éviter bien plus de gaz à effet de serre que la construction de 3 réacteurs nucléaires EPR !
Inapproprié pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre, très coûteux, polluant, dangereux, le nucléaire prive de financement les vraies solutions. Y recourir, c'est condamner à l'échec la lutte contre le changement climatique.
La campagne internationale « Don't nuke the climate ! Ni nucléaire ni effet de Serre », lancé notamment par le Réseau Sortir du Nucléaire, a pour but de sensibiliser non seulement aux dangers du réchauffement climatique mais aussi à la fausse solution nucléaire.
Les populations ont le pouvoir de faire entendre leur voix. La pétition « Don't nuke the climate ! Ni nucléaire, ni effet de serre » circule sur internet. Signez-là, diffusez-la.
Vous pouvez d'ores et déjà le faire sur le site : www.dont-nuke-the-climate.org



Commentaires
Il y a beaucoup de fausse idées sur le nucléaire. Par exemple le nucléaire produit beaucoup moins de déchets ultimes que les autres sources d'énergies. A la construction/déconstruction le nucléaire pollue moins que l'équivalent en panneaux solaires.
La génération EPR 4 reprend en fait une technologie abandonnée depuis l'origine. Le premier réacteur mis au point ne produisait pas de déchets à vie longue, mais il était cher à l'époque. L'EPR 4 aura un fonctionnement similaire sans déchet à vie longue.
Le sans nucléaire, est une fausse solution, mais il faut tout de même l'envisager.
Bonjour,
Je me permets de vous contacter concernant un projet de documentaire pour Canal +
Notre ambition est de traiter à l'occasion des élections de mars 2010 des revendications identitaires de différentes régions de l'hexagone. Dans cette perspective nous sommes en quête d'exemples concrets de problèmes que ces régions et leur population peuvent rencontrer du fait du fonctionnement et de l'organisation du système français, qu'il s'agisse de développement économique, d'environnement , de construction, d'aspects culturels, ou encore judiciaires. Notre seule contrainte est de ne pas verser dans une réalisation discursive mais de trouver des exemples dont nous serions susceptibles de suivre l'évolution. De même, nous souhaiterions être tenu informer de toute actualité (événements, manifestations...) qui serait susceptible d'illustrer cette problématique.
Je suis bien sûr à votre entière disposition.
Cordialement,
Benoit Bertrand-Cadi, journaliste
Tel : 06 08 64 31 55
C'est un noble combat, mais je ne vois pas le rapport direct avec le projet politique de la création d'une région Savoie, objet de ce site et de ce blog.
Aucune référence à cette région dans ce dernier article sur Copenhague!
le MRS serait-il en train d'oublier son seul et unique but: la région Savoie, n'est-il pas en train de se dévoyer dans des luttes qui ne concernent pas directement cette future région, n'est-il pas en train de se faire phagocyter par les Verts politiques avec leurs références idéologiques souvent à l'opposée de celle de la Savoie?
Attention, jeux dangereux!
jusqu'à preuve du contraire, la Savoie fait partie de la planète; tout ce qui est bon pour la planète est donc bon pour la Savoie...
C'est aussi bon pour la région Rhône-Alpes qui fait aussi partie de la planète, donc le MRS se bat aussi pour la région Rhône-Alpes avec ces arguments et ces articles!
Il ne faut simplement pas se tromper de combat.en amalgamant tout et n'importe quoi, même si ce tout est globalement bon la planète et ses habitants et qu'il mérite amplement d'être défendu.
donc si j'ai bien compris, il ne faudrait se battre que pour ce qui est bon pour la Savoie et pas pour le reste ? je crois que tu te trompes sur la nature idéologique du MRS; je t'invite à lire des articles de Denis De Rougemont qui était en contact régulier avec le fondateur de notre mouvement, pour te donner un aperçu de notre façon de voir les choses;
Agir pour la création d'une région Savoie n'impose pas de se désintéresser de ce qui se passe ailleurs qu'en Savoie, mais la concerne autant que le reste de Rhône-Alpes, de la France, de l'Europe et de la Planète!
Faudrait-il ne pas s'occuper non plus du Réchauffement climatique?
Pour revenir au nucléaire, et même si la question des déchets ne se posait plus, cela reste une énergie fossile qui demande d'énormes investissements dont la rentabilité reste à démontrer.
Pour répondre à Loren et à Pierotin, je pensais naïvement que le Mouvement Région Savoie avait été fondé dans le but de créér une Région Savoie, comme son nom semblait l'indiquer, mais je remarque que le réchauffement climatique, le nucléaire, les marées noires, les chemtrails, la noyade des ours polaires, le massacre des phoques, l'abandon des chiens, la nocivité de la clope prennent le pas sur le but même du Mouvement. Ce qui n'empêche évidemment pas ceux qui tiennent à la Région Savoie de s'investir parallèlement pour le bien-être de la Terre et de ses occupants.
Quant à Denis de Rougemont, l'un des premiers penseurs de l'Europe, il souhaitait une Europe des Régions justement parce que la dimension humaine d'une région historique et géographique, comme la Savoie, permettait de résoudre efficacement les problèmes sur un plan local proche des citoyens. Les questions environnementales auraient trouvé des solutions pragmatiques et adaptées au terrain.
La résolution des problèmes écologiques découlent, selon cet auteur suisse, de la création de la région et non l'inverse.
et ben ? nous tenons exactement le même discours que lui ! lisez correctement nos articles; mais pourquoi le fait de s'appeler MRS nous obligerait-il à n'être que des savoyo-savoyards nombrilistes ? le régionalisme est une ouverture d'esprit pas un renfermement... maintenant quand aux chiens écrasés... la mauvaise foi n'a pas de limite...
salutachon savoyarda
Faire un parallèle entre le nucléaire et les chiens écrasés me parait pas très adapté .
L' écologie est une réalité de proximité à bien des égards , c' est à ce titre que l'identité territoriale de la Savoie y trouve toute sa place .Si ce qui est bon pour la Savoie est bon pour d' autres territoires quel est le problème ? L' engagement du MRS à l' extérieur de la Savoie est bien concrétisé par ses adhésions à Régions et Peuples solidaires membre d' Europe Écologie et à l' ALE partenaire des Verts Européens!
En quoi le MRS devrait se contenter d' agir uniquement pour une région Savoie et de se désintéresser des autres sujets sociétales ? Si cela devait être avérer , voila une vision bien réduite de l' engagement politique qui ne peut que réduire l' impact du régionalisme au cœur des enjeux électoraux .
Thodoric
Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes puisqu'on est tous d'accord!
Tout ce que je voulais faire c'est attirer l'attention du MRS sur le fait que se donner quasi complètement dans le vert risque d'avoir des conséquence sur le but même du mouvement: la création de la Région Savoie. Il n'y a qu'à voir sur certains blogs comment les Savoyards amalgament tout et critiquent ouvertement MRS et LS (qui a su prendre ses distances) de s'être acoquiné avec les Verts et Kohn-Bendit lui collant l'étiquette d'extrême gauche. Ce n'est peut-être pas vrai mais c'est comme ça et il faut faire malheureusment avec.
Personnellement je suis plus intéressé par l'écologie scientifique que politique et j'agis selon mes moyens, j'ai une PAC géothermique et panneaux solaires, je roule dans un véhicule émettant moins de 110mg de C02 et j'ai pris une option pour un véhicule à air comprimé MDI.
J'ai de bonnes connaissances, très virulentes sur l'écologie politique et qui roulent en 4X4 en laissant tourner le moteur en hiver pour ne pas refroidir l'habitacle et en été pour le clim. Je me fais un plaisir de le leur faire remarquer!
J'espère simplement pour le MRS qu'il ne soit pas marginalisé pour des raisons de choix politiques incompris par les Savoyards traditionnellement de droite.
Longue vie au MRS et vive la région Savoie début d'un processus amenant à une véritable émancipation!